Bienfaits du sport sur la santé : l'avis du Pr François Carré

Combien de temps passez-vous assis chaque jour ? Au bureau, dans les transports, devant un écran : la plupart d'entre nous passent aujourd'hui de longues heures sur une chaise. Pour le Pr François Carré, professeur de cardiologie, le constat est sans appel : « C'est très dangereux pour la santé de ne pas bouger ». Le sport n'est pas qu'un loisir : c'est aussi l'un des leviers de prévention les plus puissants, à tout âge.
Cet article reprend les chiffres clés de son intervention en visioconférence le 22 octobre 2026, devant plusieurs dirigeants de club qui comme The LOFT sont affiliés au réseau RESOFIT. Vous trouverez dans cet article une description des principaux bienfaits du sport sur la santé. Dans l'article, nous recoupons ces chiffres avec des études publiées et nous vous donnons des repères concrets pour bouger dès aujourd'hui.
Qui est le Pr François Carré ? Cardiologue et médecin du sport, professeur émérite de physiologie cardiovasculaire à l'Université de Rennes 1, il a dirigé le service de médecine du sport du CHU de Rennes de 2014 à 2020. Lauréat du Prix Jean Bernard 2022 de la Fondation pour la Recherche Médicale, il est l'auteur de Danger sédentarité (Le Cherche Midi, 2013).
En bref
- Le constat : dès 7 ans, un enfant passe plus de la moitié de sa journée assis ; à 15 ans, c'est 74 % de son temps éveillé.
- Le danger : l'inactivité physique est le 4e facteur de risque de décès dans le monde (OMS).
- Le bénéfice : environ 30 % de risque de mortalité précoce en moins chez les plus actifs, et 45 % de risque de maladie d'Alzheimer en moins.
- Le bon programme : associer cardio (aérobie) et renforcement musculaire.
- La régularité : après 3 à 6 mois sans activité, les bénéfices s'estompent.
- Les repères : 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine pour un adulte, 60 minutes par jour pour un enfant (OMS).
Temps de lecture : ~9 min.
Mis à jour le 01 novembre 2026 par Philippe LEROY, président du club de sport The LOFT à Rueil-Malmaison.
1. Le constat : une génération assise
La santé, rappelle l'Organisation mondiale de la santé (OMS), c'est « un état de complet bien-être physique, mental et social ». Nous bougeons de moins en moins, cela commence très tôt et a un impact négatif sur notre santé.
Des enfants qui passent leur journée assis
Dès 7 ans, un enfant passe déjà plus de la moitié de sa journée assis (51 %) ; à 15 ans, c'est 74 % de son temps éveillé. Côté écrans, selon le Pr François Carré, les enfants de 10 ans passent 5 heures par jour (contre 3 heures à 6 ans), pour une seule heure d'activité physique recommandée. En France, les 13-18 ans passent près de 4 h 30 par jour devant un écran en semaine (ONAPS, 2017).
Une condition physique en recul
Selon le Pr François Carré, 87 % des adolescents ne font pas l'heure d'activité physique quotidienne recommandée, et 2 jeunes sur 3 sont à la fois inactifs et sédentaires. Le portail du Gouvernement avance 73 % des 11-17 ans sous le repère de l'OMS (60 minutes par jour) et place la France 119e sur 146 pays : les chiffres varient selon les enquêtes, le message reste le même.
Conséquence directe : en 40 ans, les enfants ont perdu environ 25 % de leur capacité cardio (Fédération Française de Cardiologie, d'après Tomkinson, 2013).
Et les adultes ?
Les adultes ne font pas mieux. D'après l'ANSES (2022), 95 % des adultes de 18 à 64 ans n'ont pas une activité physique suffisante et 38 % sont exposés à une sédentarité trop élevée.
Bon à savoir. Sédentarité et inactivité ne sont pas synonymes. La sédentarité désigne le temps passé assis ou allongé éveillé ; l'inactivité physique, le fait de ne pas atteindre les repères d'activité recommandés (ONAPS).
2. Les dangers de la sédentarité : ce que subit votre corps
L'inactivité physique est le 4e facteur de risque de mortalité dans le monde, selon l'OMS.
Rester assis fait grimper la glycémie
Une étude publiée dans Diabetologia (Dempsey et al., 2017) a suivi 24 adultes en surpoids ou obèses atteints de diabète de type 2. Après 7 heures assises sans interruption, leur glycémie moyenne sur 22 heures atteignait 11,6 mmol/l. Avec 3 minutes de marche lente toutes les 30 minutes, elle redescendait à 8,9 mmol/l, et l'effet persistait pendant la nuit (8,1 contre 10,6 mmol/l).
Une glycémie durablement trop haute favorise le diabète de type 2, l'infarctus et l'AVC, l'atteinte des reins, des yeux et des nerfs, ainsi que le stockage de graisse.
Devant l'écran, le risque grimpe
Dans l'étude EPIC-Norfolk (13 197 adultes suivis en moyenne 9,5 ans), chaque heure quotidienne de télévision supplémentaire est associée à une augmentation de 4 % de mortalité et à une augmentation de 7 % de mortalité cardiovasculaire (Wijndaele et al., 2011). Le Pr François Carré met en avant une hausse de la mortalité par cancer au-delà de 3 heures par jour ; ce lien précis n'est toutefois pas statistiquement significatif dans l'étude : la prudence reste de mise.
Moins marcher, c'est plus de graisse autour des organes
Selon le Pr François Carré, même sans changer d'alimentation, passer de plus de 10 000 à 1 500 pas par jour augmente la graisse autour des organes. Cette graisse viscérale est associée au diabète de type 2, à l'hypertension, à l'infarctus et à l'AVC, à la stéatose hépatique (le « foie gras ») et à certains cancers.
3. Les bienfaits du sport : ce que vous gagnez à bouger
La bonne nouvelle : le corps répond, à tout âge.
Vivre plus longtemps, avec moins de maladies
Chez les plus actifs, le risque de mortalité précoce est inférieur d'environ 30 %, et plus de 40 maladies chroniques sont mieux évitées (chiffres présentés par le Pr François Carré). Le sport agit sur le cœur, le métabolisme, le poids et la tension.
Protéger sa mémoire
Les personnes actives ont un risque inférieur de 45 % de contracter la maladie d'Alzheimer. Ce chiffre correspond à une revue de 16 études prospectives (Hamer et Chida, Psychological Medicine, 2009), qui relève aussi 28 % de risque de démence en moins chez les plus actifs. Ce sont des études d'observation : rien n'est garanti à titre individuel, mais le message est clair, bouger protège aussi le cerveau.
Cancer du sein : le sport agit avant, pendant et après
Selon les chiffres présentés par le Pr François Carré, le sport réduit de 10 à 20 % le risque de développer la maladie, de 35 % la mortalité quand il accompagne les traitements et de 40 % le risque de récidive en rémission. La littérature scientifique va dans le même sens : une méta-analyse (Annals of Oncology, 2014) incluant 23 études dont 16 sur le cancer du sein et 7 sur le cancer colorectal associe une activité physique élevée après le diagnostic à une mortalité toutes causes inférieure de 48 % et à une mortalité par cancer du sein inférieure de 28 %.
Important. Le sport ne remplace jamais le traitement : il l'accompagne, avec l'accord de l'équipe médicale. Pour aller plus loin, lisez notre article Activité physique et cancer du sein : bouger réduit le risque.
Plus de musculation, moins de dépression
Plus on fait de musculation, moins le risque de dépression est élevé, souligne le Pr François Carré. Une méta-analyse de 33 essais cliniques (1 877 participants), publiée dans JAMA Psychiatry en 2018, va dans ce sens : l'entraînement en résistance réduit de façon significative les symptômes dépressifs (taille d'effet moyenne de 0,66, jugée modérée).
Le bon programme : cardio + musculation
Associer l'aérobie (marche rapide, vélo, course, cycling) et le renforcement musculaire est, pour le Pr Carré, l'une des meilleures solutions pour la santé. Le cardio entretient le cœur et le souffle ; la musculation préserve la force, la masse musculaire et l'autonomie.
Attention si vous arrêtez
Après 3 à 6 mois sans activité, on ne ressent plus les bénéfices du sport. La régularité, c'est ce qui compte. Après une pause, notre guide pour reprendre le sport après une longue pause vous aide à repartir sans vous blesser.
4. Demain : force, autonomie et prévention
Plus on avance en âge, plus on a besoin de faire du sport. La raison tient en grande partie à la force musculaire : sans entraînement, elle peut diminuer jusqu'à 15 % par décennie. Les données de gériatrie vont dans le même sens : une perte de 10 à 15 % par décennie entre 30 et 70 ans, puis de 25 à 40 % après 70 ans (Buckinx et al.). Or chaque année, environ une personne de plus de 65 ans sur trois vivant à domicile fait une chute, et l'activité physique réduit d'environ 15 % le nombre de personnes qui chutent (Buckinx et al.). Votre force d'aujourd'hui, c'est votre autonomie de demain.
L'enjeu est aussi collectif. D'ici 2050, 3,8 milliards d'adultes, soit près de 6 sur 10 dans le monde, pourraient être en surpoids ou obèses, contre 45 % en 2021 (The Lancet, 2025). Ce n'est pas une fatalité : chaque séance compte.
5. Comment s'y mettre concrètement ?
Pas besoin de devenir athlète : il s'agit d'abord de réduire le temps passé assis et de bouger régulièrement. Voici cinq repères simples.
- Visez les repères officiels. Pour un adulte : 150 à 300 minutes d'activité aérobie d'intensité modérée par semaine (OMS), complétées par deux séances de renforcement musculaire (ONAPS). Pour un enfant ou un adolescent : 60 minutes par jour en moyenne.
- Coupez les longues périodes assises. Levez-vous au moins une minute toutes les heures, ou 5 à 10 minutes toutes les 90 minutes (ONAPS). Dans l'étude de Dempsey, 3 minutes de marche lente toutes les 30 minutes ont suffi à faire baisser la glycémie.
- Associez cardio et musculation. Par exemple : deux séances de cardio (cycling, marche rapide, course), une à deux de renforcement et du mouvement au quotidien. Notre programme de musculation force donne les bases.
- Progressez par étapes. Augmentez d'abord la fréquence, puis la durée, enfin l'intensité. Après 50 ans, notre programme de remise en forme pour un homme de 50 ans propose une semaine type.
- Installez la régularité. Fixez des créneaux dans votre agenda et choisissez des activités qui vous plaisent : nos 7 clés pour tenir votre motivation vous aideront.
Important. Si vous avez une maladie chronique ou ressentez des symptômes inhabituels à l'effort (douleur dans la poitrine, essoufflement anormal, malaise), demandez l'avis de votre médecin avant de commencer.
6. FAQ : sport, sédentarité et santé
Pourquoi le sport est-il bon pour la santé ?
Parce qu'il agit sur le cœur, le métabolisme, le cerveau et le moral. Selon le Pr François Carré, les plus actifs ont environ 30 % de risque de mortalité précoce en moins, et leur risque de maladie d'Alzheimer est inférieur de 45 % dans la revue de Hamer et Chida.
Combien de sport faut-il faire par semaine ?
L'OMS recommande aux adultes 150 à 300 minutes d'activité aérobie d'intensité modérée par semaine (ou la durée équivalente en intensité soutenue), avec du renforcement musculaire. Pour les enfants et les adolescents : 60 minutes par jour en moyenne.
Quels sont les dangers de la sédentarité ?
Rester assis longtemps fait grimper la glycémie et favorise la graisse autour des organes, ce qui augmente le risque de diabète de type 2, d'hypertension, d'infarctus et d'AVC. L'inactivité physique est le 4e facteur de risque de décès dans le monde, selon l'OMS.
Faut-il privilégier le cardio ou la musculation ?
Les deux. Selon le Pr François Carré, associer aérobie et renforcement musculaire est l'une des meilleures solutions pour la santé.
Que se passe-t-il quand on arrête le sport ?
Selon la présentation, 3 à 6 mois sans activité suffisent pour ne plus ressentir ses bénéfices. Mieux vaut des séances régulières, même courtes, qu'un effort intense isolé ; après une longue pause, reprenez progressivement.
Le sport aide-t-il en cas de cancer du sein ?
Oui, avant, pendant et après la maladie. D'après la présentation, il réduit de 20 % le risque de développer un cancer du sein et de 40 % le risque de récidive en rémission. Il ne remplace jamais le traitement et se pratique avec l'accord de l'équipe médicale.
Est-il trop tard pour s'y mettre ?
Non. Plus on avance en âge, plus on a besoin de bouger pour préserver sa force et son autonomie. Commencez doucement et faites-vous accompagner.
7. Bouger à Rueil-Malmaison avec The LOFT
Chez The LOFT, nos coachs vous aident à transformer ces repères en habitudes. Notre salle de sport labellisée Sport-Santé, à Rueil-Malmaison, réunit tout ce qu'il faut pour associer cardio et renforcement musculaire :
- Séance d'essai gratuite pour découvrir le club.
- Bilan forme et santé InBody pour mesurer votre composition corporelle et définir un point de départ.
- Coaching individuel pour un programme adapté à votre santé et à vos objectifs.
- Cours collectifs (cycling, BodyPump, Pilates, yoga) et renforcement guidé sur eGym.
- Le planning et nos offres : à la séance, au mois ou à l'année.
Retrouvez-nous au 106 avenue Albert 1er, 92500 Rueil-Malmaison, du lundi au vendredi de 7 h à 22 h, le samedi de 9 h à 18 h 30 et le dimanche de 9 h à 18 h.
8. Sources et références
Auteur, définitions et repères
- Fondation pour la Recherche Médicale – Pr François Carré
- OMS Europe – Lignes directrices sur l'activité physique et la sédentarité : en un coup d'œil
- ONAPS – Sédentarité et inactivité physique (2016)
- ONAPS – Recommandations d'activité physique selon l'âge
- Le Quotidien du médecin – L'ANSES alerte sur les risques cumulés dus à la sédentarité et au manque d'activité physique (15 février 2022)
Enfants et adolescents
- Fédération Française de Cardiologie – Observatoire du cœur des jeunes (Tomkinson, 2013 ; ONAPS, 2017 ; OMS)
- Gouvernement – Promouvoir l'activité physique et sportive pour la santé des jeunes (5 mars 2024)
Dangers de la sédentarité
- Dempsey et al., « Interrupting prolonged sitting in type 2 diabetes: nocturnal persistence of improved glycaemic control », Diabetologia, 2017
- Wijndaele et al., « Television viewing time independently predicts all-cause and cardiovascular mortality: the EPIC Norfolk Study », International Journal of Epidemiology, 2011
Bénéfices du sport
- Hamer et Chida, « Physical activity and risk of neurodegenerative disease: a systematic review of prospective evidence », Psychological Medicine, 2009
- Institut national du cancer – méta-analyse sur l'activité physique et la mortalité après cancer du sein et colorectal, Annals of Oncology, 2014
- Gordon et al., JAMA Psychiatry, 2018 – résumé Healio
Vieillissement et prospective
- Buckinx, Peyrusqué et Aubertin-Leheudre, « L'activité physique et le vieillissement », Précis pratique de gériatrie, chapitre 10
- GBD 2021 Adult BMI Collaborators, The Lancet, 2025 – résumé Healio












